Saturday, 17 October 2020

les fanfares de l'aube

prête-moi
la légèreté
des feuilles
qui font la roue
autour du soleil

aux fanfares
de l’aube, 
chaque chute
est une histoire
d’un astre
migrateur



Sunday, 11 October 2020

l'or des nomades

un dernier bercement
trahi par le vent

la rivière reçoit
une forêt entière
trempée dans l’or
des nomades



Friday, 9 October 2020

juste hier

il n’y a pas
de retour
en arrière
le vent menace
la forêt
et traverse
la tranquillité
des couleurs
juste hier,
le vert et le jaune
coexistaient encore
nous sommes prêts
pour le requiem
de l’automne





Thursday, 1 October 2020

l'arbre reste

le soleil est descendu
dans les nervures
des feuilles

l'arbre reste
avec le désir incorrigible
de démentir leur chute,
quintessence
de silence empilé
à nos pieds



Saturday, 26 September 2020

les Sirènes

je n’écris que pour
l’incantation syllabique
des Sirènes

comme la mer
(sans le moindre
effort)
son corps
nourrit les falaises

je n’écris que pour
la symbiose
entre les mots
et les rêves



Tuesday, 22 September 2020

il reste l'arbre

tout est joué
d’avance
pour les feuilles
qui tombent
pêle-mêle
en couches
de silence
il reste l’arbre
vermoulu d’espoir
dans sa verticalité
ingrate





Sunday, 20 September 2020

plus que jamais

plus que jamais
son cœur battait
en tandem
avec les ailes
des oies sauvages

elles survolent
les joncs
pas encore décidées
d’y rester
pour l’hiver



Friday, 11 September 2020

le poème

le poème n'est pas fait
pour être lu
il est fait pour être
pris par la main
cette nouvelle syntaxe
s'envole
comme les oiseaux
qui ne peuvent plus cacher
leurs chansons
dans les arbres nus
de l'automne

---

the poem is not made
to be read
it is made to be
taken by the hand
this new syntax
takes off
like the birds
that cannot hide
their songs
in the bare trees
of autumn



Wednesday, 9 September 2020

cet automne

il n'y a pas de pommes
dans le jardin
cet automne,
leur parfum restera
encapsulé dans
les premières boules
de neige





Tuesday, 8 September 2020

first day of autumn

first day of autumn,
we'll hibernate
under white, soft covers
our second home



Monday, 7 September 2020

le vieux pêcheur

le vieux pêcheur
de feuilles,
extasié devant
la lune criarde
(ses doigts peignent
les branches dénudées
de l'automne)

le vieux pêcheur
de feuilles,
minces
corps volants
mélangés
à la tristesse
indiscernable
des oiseaux indécis



Friday, 4 September 2020

ma maison

ma maison
est dans les mots
creux et
dans l’aller-retour
des ombres
difformes

tiens,
il fait déjà noir
une lampe
à moitié allumée
pour éclaircir
les vases communicants
de nos rêves



Monday, 31 August 2020

septembre

c’est la morsure
dans la chair
des mots
qui annule le vide,
les vieux murs

j’aime l’odeur
de l’humus sous
les feuillages
de septembre et
ton regard nomade

(le vent souffle
toujours de l’ouest)
tes doigts griffonnent
le parcours anonyme
des nuages



Saturday, 29 August 2020

la faiblesse de la feuille

jasmin de nuit
éclaté
dans la proximité
de la parole

un dernier spectacle
pour la faiblesse
de la feuille
qui s’oppose
obstinément
et s’amincit
jusqu’à l’ombre



in statu nascendi

mais qui cherche encore
le jeu indicible, intact
dans l’air du matin ?

mon complice à cet oubli léger
je te trouve et te perds
dans le carrousel
insoupçonné
de l'été



Thursday, 27 August 2020

la girouette

le midi s’émiette
dans la fleur
voisine
et la couleur vierge
des épices
(sur le toit
le vent s'amuse
à tourner une girouette
docile)

sommes-nous prêts
à accueillir
le sommeil et la magie
larmoyante
de l'automne ?





Sunday, 23 August 2020

the grasshopper

a step astray
from the path
in the tall grass,
the grasshopper is gone
... a sudden butterfly


Friday, 21 August 2020

tarde sin viento

tarde sin viento,
la ciudad se abre
en la pureza
oculta
de l'oscuridad


une fois encore

je ne pense
pas trop
à ce monde
d'emprunt
qui se vide
dans l’intimité
serrée
des miroirs

mais une fois
encore,
nos chemins
clos,
identiques
nous mènent vers
un seul point de fuite


Sunday, 16 August 2020

on n’a pas le temps

non, on n’a pas
le temps
de se disputer
pour trouver le centre
de nos rêves
dépareillés

mes mots troués,
emmurés
dans la bonté
des signes, 
tes paroles légères
comme les robes
des anges



Monday, 10 August 2020

les choses futures

bien sûr,
ça serait plus facile 
de prendre
le raccourci
de l’absolu
que de marcher
sur le fil tendu
des choses futures

nous nous
attachons
au fond de l’œil
du désert
pour apaiser
la rancune
des heures
vides, linéaires


Sunday, 9 August 2020

月 - tsuki

il y a surtout
cette lumière bleue
qui les rend verticales
(les feuilles ne font que passer
dans cet espace
interstitiel)

plus tard,
elles amèneront
la lune
dans leur barque



Wednesday, 5 August 2020

夏 - natsu

fin de l’été,
le vent décoiffe
les tourbillons
des fontaines



Saturday, 1 August 2020

鳥 - tori

je voudrais
m’en aller avec toi,
occuper
les hauteurs
des oiseaux
qui se laissent
porter par le vent

est-ce que
être est
comprendre ?

ton regard
contrarié
assombrit
et tourne la mer
d’une couleur
indigo



Saturday, 25 July 2020

soir de juillet

chaque soir,
il y a une invasion
des battements
des ailes
ponctuelles
qui cherchent
les coupoles vertes
et la douce clavicule
des arbres
loin de l’odeur
de terre brûlée
par les feux
sauvages de juillet


Saturday, 18 July 2020

les mots en argile

ils vont de concert,
les mots en argile
craquelée
et les fleurs
d'un seul jour

d'un air absent,
ils sont plus patients
que les astres
clignotants
qui persévèrent
dans les lacunes
célestes
de la nuit



Thursday, 16 July 2020

les yeux de la nuit

nous avons
glissé
nos maigres amours
sous la porte,
au-delà des yeux
condescendants
de la nuit



Saturday, 11 July 2020

le train

étrangers
l’un à l’autre
on prend un train
sans horaire précis
(les herbes folles
ont poussé
entre les rails)
ne lâche pas
la main !
voleur
des distances


la poussière stellaire

tout est
à sa place
dans le ravissement
de l’espace
même le vent qui lève
la poussière stellaire
et trouble la paix
des lunes exilées
dans l’écoulement
sage et rectiligne
de la nuit


Thursday, 9 July 2020

nuit de juillet

lune tronquée
avant l'orage,
les éclaires
déchirent
la nuit haletante,
lourde de chaleur

au point du jour,
sur l'autre versant
de la montagne
la pluie a laissé
une trace de fraîcheur
provisoire


Monday, 6 July 2020

la carte de nuages

allongés par terre
sous la grande
lucarne,
chaque mot
façonné par
la complicité
séduisante
de cette pluie
oblique
qui se moque
de nous
avec ses mille
cartes de nuages



Friday, 3 July 2020

isola

si on pouvait
créer un espace
de coupure
sous les vagues,
la mer répète
par cœur
ses intervalles
entremêlés
un refrain
monotone
comme un trait
d’union entre l’eau
et la terre



Tuesday, 30 June 2020

pluie de juin

d’abord un thé
au sucre et
à la cannelle,
après les mots
qui tombent
toujours
à leur place

(si tu étais ici
toi qui refuse
d’y croire
dans le court-circuit
des hymnes
polyphones)

l’autre jour,
quelqu’un a écrit
sur le trottoir
avec de la craie
multicolore
« rain is never
wrong »

Thursday, 25 June 2020

partir

tu dois
laisser partir
le croissant de lune

il faut oublier
les histoires
cachées dans
l’après
de tes gestes
qui séparent
le sens
(essentiel
et précis)

du verbe 


Monday, 22 June 2020

le poème

le poème
m’apprend
la lente
traversée
des caravelles,
cet espace
vaste,
peuplé
des confessions
des mouettes


Sunday, 21 June 2020

solstice

entre nous deux,
la mer frileuse
qui perd
son horizon
dans la marge
transparente
des nuages

déjà l’été,
la nuit s’attarde
derrière
le barrage
incandescent
des étoiles
mon refuge,
mon havre


Friday, 19 June 2020

le crépuscule

il n’y a plus rien
que ces ombres
fuyantes
qui meurent
sur l’asphalte chaud
du crépuscule

dans l’échange
clair-obscur
des heures,
un lampadaire
allume
une pluie soudaine
et ton absence
qui détourne
les nuages
avec leur cheveux
affolés d'orage



Thursday, 18 June 2020

reste

reste, la fête
vient de commencer
la lumière
non diluée
de l’aube
sur le parquet

laisse les belles
histoires
s’attacher
à nos yeux,
passerelles
vers le soleil
levant


Wednesday, 17 June 2020

changer d’idée

nous allons
changer d’idée,
oublier les détails
(avec l’âme plus légère
que les paroles en l'air)
trébuchant dans
les chants des sirènes,
faire semblant
d'avoir usurper
la notion du temps
 



Monday, 15 June 2020

entropie

c’est comme ça
qu’on entre
un autre rythme
(à voix basse)

dans le jardin
délaissé,
rien n’est plus
visible
même pas le temps
qui annule
le paradoxe
permanent
de la vie


Saturday, 13 June 2020

le vent

il n’y a
que le vent
qui ride à peine
la surface
de l’étang
et dérange
le nectar
trop doux
de la verveine

il n’y a
que le souffle
qui fait bouger
les poèmes
(jamais lus)
ils se plient
l’un sur l’autre
comme si de rien
n’était


Thursday, 11 June 2020

lune de sept heures

lune de sept heures,
subjuguée
par l’impudente
imperfection
du poème


Wednesday, 10 June 2020

la fleur d'hibiscus

tu dis
que ce n’est que
de l’imagination
...mais pourquoi
« tout ou rien »?

au revoir à la fleur
d’hibiscus dessinée
au revers du miroir
sur ton front:
une monade élastique,
impensable

et pourtant,
il y a une fin
à toutes ces
tribulations



Sunday, 7 June 2020

de l'amour

je suis le vent
qui sait lire
chaque pensée,
la douce chamade
des doutes
qui tournent
en spirale



Saturday, 6 June 2020

les vieux tiroirs

dans les vieux tiroirs
on oublie les boutons
et les rubans
(de toutes tailles
et couleurs)

tandis que
le joyeux trouvère
à la veste déchirée
passe son chemin
à l’ombre fraîche
des fougères



Friday, 5 June 2020

Léthé

j’ai bien rangé
les mots
en collision
avec les lieux
vacants de la nuit

amarrés au fond
du labyrinthe,
on prend appui
sur le sable
mouvant


Thursday, 4 June 2020

la maison

j’ai tout laissé
dans la marge
de nos yeux

l’air calme
de l’aube
perce les volets
et tisse un voile
d’indulgence
(la tête ailleurs)
on goûte des confitures

la maison est là
où nous sommes



Tuesday, 2 June 2020

le passage des couleurs

il m’était proche
le passage 
des couleurs,
le chemin de la tendresse
et l’écriture qui ouvre les yeux


Monday, 1 June 2020

les feux de l’été

le soir inondé
par les feux
irréversibles
de l’été
on marche
la poitrine
gonflée par
le parfum
des tilleuls,
nos ombres
collées
aux artères
en sens unique
de la ville