(a war goes on
between us)
j’additionne
la survie
avec les racines
de l’habitude,
et l’archange
du désir
avec l’effroi
insondable
des miroirs
je cours
à la rencontre
d’un oiseau endormi
ce qu’il nous reste c’est notre regard qui cherche la sauvage symétrie des nuages / what's left is our gaze that seeks the wild symmetry of the clouds
Monday, 11 February 2019
Wednesday, 6 February 2019
la rive
la rive,
toujours à naître
dans la marge
d’un ciel bas
je vous porte
dans la somme
indispensable
des mots
(il y a tant
de choses à dire)
vos gestes
dominent le rythme
sourd de la pluie,
offrande brûlante
d’arrière-saison
toujours à naître
dans la marge
d’un ciel bas
je vous porte
dans la somme
indispensable
des mots
(il y a tant
de choses à dire)
vos gestes
dominent le rythme
sourd de la pluie,
offrande brûlante
d’arrière-saison
Saturday, 2 February 2019
bientôt février
derrière les vitres
gelées
nos visages
ardents
bientôt février
se dépouillera
de sa géométrie
blanchâtre
gelées
nos visages
ardents
bientôt février
se dépouillera
de sa géométrie
blanchâtre
Tuesday, 29 January 2019
sentier blanc
une lente gradation
des couleurs
qui explosent
dans la masse
inerte des mots
(mélange
de neige
et de lumière)
le poème
sentier blanc,
très haut
des couleurs
qui explosent
dans la masse
inerte des mots
(mélange
de neige
et de lumière)
le poème
sentier blanc,
très haut
Friday, 25 January 2019
je commence
je commence avec les mots
(ni vrais, ni faux)
j’embrasse tes yeux
les pas perdus,
le passé
pour diminuer
la distance
la nature abstraite
des choses
(ni vrais, ni faux)
j’embrasse tes yeux
les pas perdus,
le passé
pour diminuer
la distance
la nature abstraite
des choses
Monday, 14 January 2019
rocher
je suis
rocher
arrondi,
noir-argenté
(dans la poche
d’un petit garçon)
respirant à peine
sous la pression
de ses doigts,
(patience
d’un angle parfait)
en vol rasant
sur la surface
menteuse
de tes rêves
rocher
arrondi,
noir-argenté
(dans la poche
d’un petit garçon)
respirant à peine
sous la pression
de ses doigts,
(patience
d’un angle parfait)
en vol rasant
sur la surface
menteuse
de tes rêves
Sunday, 13 January 2019
catharsis
(tout devrait être
très simple)
assis au fond du jardin
parmi l’hibiscus et le romarin
(on va se reconnaître)
envoûtés par un ultime
fractionnement
de lumière,
dans les clameurs
du soleil couchant
très simple)
assis au fond du jardin
parmi l’hibiscus et le romarin
(on va se reconnaître)
envoûtés par un ultime
fractionnement
de lumière,
dans les clameurs
du soleil couchant
Friday, 11 January 2019
à moi seule
vous me poussez
en avant
vers cette absence
d’horizon
(à moi seule)
la floraison
contradictoire
de vos mains
et les saveurs
des oranges
trop mûres
en avant
vers cette absence
d’horizon
(à moi seule)
la floraison
contradictoire
de vos mains
et les saveurs
des oranges
trop mûres
Sunday, 6 January 2019
chaque rupture
j’aurais voulu garder
l’infime éclatement
de la rivière,
la haute voltige
des hirondelles
(chaque rupture
engendre
une étoile filante)
je me couche en toi,
témoin d’un dernier
rempart de l’espace
l’infime éclatement
de la rivière,
la haute voltige
des hirondelles
(chaque rupture
engendre
une étoile filante)
je me couche en toi,
témoin d’un dernier
rempart de l’espace
Tuesday, 1 January 2019
Ithaque
je t’ai trouvée
banquise du feu vert
éreintée par
de longs baisers
dans un autre temps
déjà conquis
nous allons vers
la face cachée
de l’aube
banquise du feu vert
éreintée par
de longs baisers
dans un autre temps
déjà conquis
nous allons vers
la face cachée
de l’aube
Sunday, 30 December 2018
les cernes des ormes
il y a
tous ces départs
qui augmentent
en nous
(comme les cernes
des ormes)
ils continueront
leur labeur
en plein vertige
des mystères
solaires
tous ces départs
qui augmentent
en nous
(comme les cernes
des ormes)
ils continueront
leur labeur
en plein vertige
des mystères
solaires
Friday, 28 December 2018
seuls les mots
nous avons goûté
au subterfuge
des vagues
pour franchir
l'étrangeté d’un temps
innommé,
(seuls les mots)
pour embrasser
la lumière filtrée
à la pointe
de tes cils
au subterfuge
des vagues
pour franchir
l'étrangeté d’un temps
innommé,
(seuls les mots)
pour embrasser
la lumière filtrée
à la pointe
de tes cils
Wednesday, 26 December 2018
au jardin des noyers
au jardin des noyers,
parmi les amarantes
sommeillantes
(abandon
du sens)
les cris curieux
des aigrettes
parmi les amarantes
sommeillantes
(abandon
du sens)
les cris curieux
des aigrettes
Monday, 24 December 2018
Saturday, 22 December 2018
le joueur de l’âme
mais qu’il est beau
le joueur de l’âme
(marchand
des rêves)
il fait des promesses
imprévisibles
comme les traces rondes
de la pluie évanouie
dans le sable
le joueur de l’âme
(marchand
des rêves)
il fait des promesses
imprévisibles
comme les traces rondes
de la pluie évanouie
dans le sable
amare [] scribere
je continue
à désinventer
cette fiction subtile
lorsque le temps
tremble
avec une douce
peur
et que l’on s’aperçoit
qu’on n’appartient plus
à soi-même
à désinventer
cette fiction subtile
lorsque le temps
tremble
avec une douce
peur
et que l’on s’aperçoit
qu’on n’appartient plus
à soi-même
Friday, 21 December 2018
(ohne Worte)
les arbres
en décembre,
le vent lèche
leur écorce
noire de pluie
(corps de tendresse
et d’inquiétude)
il faudrait
que tu devines
les mots jamais dits
(signes incrédules)
à la dérive vers
les nuits tièdes
du printemps
Monday, 17 December 2018
deux regards
deux regards
aux antipodes
du silence
(derrière ce mur
transparent)
incendie de l’âme
point fixe,
l’amour est un dieu
unidimensionnel
Sunday, 16 December 2018
nul pays
nul pays autre
que la métamorphose
(tu me diras :
ce ne sont que des mots)
pour apprendre à être
consubstance,
débris d’un temps
disloqué
qui vibre
sur la rétine
que la métamorphose
(tu me diras :
ce ne sont que des mots)
pour apprendre à être
consubstance,
débris d’un temps
disloqué
qui vibre
sur la rétine
Thursday, 29 November 2018
les filets des mots
tu ne sauras pas
(l’angoisse
d’un sorcier
malhabile)
tout repose
dans les filets
vacillants
des mots,
dans l’hérésie
de l’entre-écrire
Sunday, 25 November 2018
on danse
pendant que
la mer transporte
la brise bavarde
on danse
(sur la pointe des pieds)
comme pour approximer
les mots
et ralentir
les distances
la mer transporte
la brise bavarde
on danse
(sur la pointe des pieds)
comme pour approximer
les mots
et ralentir
les distances
Thursday, 15 November 2018
il se fait tard
il se fait tard,
je retrouve
tes mots
sur un bout
de papier lisse
arrachés à l’absence,
on n’a rien à voir
avec l’autre rive
mince fil
de rêve
dans le mouvement
des dunes
Saturday, 10 November 2018
Wednesday, 7 November 2018
novembre
le vent froid
de novembre
coupe l’haleine
des arbres
(pour comprendre les distances)
on garde en nous
le va-et-vient
des oiseaux
et les feuilles
à l’orée des nuages
de novembre
coupe l’haleine
des arbres
(pour comprendre les distances)
on garde en nous
le va-et-vient
des oiseaux
et les feuilles
à l’orée des nuages
Saturday, 27 October 2018
Sunday, 14 October 2018
Sunday, 7 October 2018
l’œil de l’hiver
derrière des traînées
d’oiseaux noirs,
sous les étoffes
en jaune saturé
(serre-moi fort)
avant que l’œil
affamé de l’hiver
ne se referme sur
la double vie
des arbres
d’oiseaux noirs,
sous les étoffes
en jaune saturé
(serre-moi fort)
avant que l’œil
affamé de l’hiver
ne se referme sur
la double vie
des arbres
Friday, 21 September 2018
équinoxe II
suis-moi
pour un instant
(rêve suspendu)
tant que souffle
le vent qui change
les saisons
et nous détourne
vers les figues
à la chair de juillet
pour un instant
(rêve suspendu)
tant que souffle
le vent qui change
les saisons
et nous détourne
vers les figues
à la chair de juillet
Saturday, 15 September 2018
balade
des pommes rouges
par terre
(fracture d’un vol
qui s’abîme en douceur)
ivresse
d’une fleur
que nous n’avons jamais
vue s’épanouir
Wednesday, 12 September 2018
pour gagner du temps
pour gagner du temps
j’ai mis trois cercles d’or
autour de ma tempe
(nuit de septembre
à perte de mots)
viens plus près
de la lune inconstante
qui sommeille
Sunday, 2 September 2018
tango de l’automne
il y a longtemps
que je compte
les brisures
de la parole
douze fois,
j’ai noué
les aiguilles de minuit
que je compte
les brisures
de la parole
douze fois,
j’ai noué
les aiguilles de minuit
Saturday, 25 August 2018
équinoxe
il reste encore
au gré des jours
l’inaltérable amour
gravé dans les cieux bas
de septembre
proche,
le chant d’un cardinal
rouge
Saturday, 18 August 2018
présent-passé-futur
la pierre exulte
dans le creuset
du présent-passé-futur
(corps à corps)
en toi s’achève
le cantique
(témoin
de nos offrandes,
de nos destins)
dans le creuset
du présent-passé-futur
(corps à corps)
en toi s’achève
le cantique
(témoin
de nos offrandes,
de nos destins)
Wednesday, 15 August 2018
l’apogée de l’été
à l’apogée de l’été,
les champs sont
trop pleins de murmures
(les peupliers tremblants,
ivres d’ouïe)
ombres guéries
des secrets,
je me suis habituée
à votre passage
Wednesday, 8 August 2018
la pluie
la pluie a refroidi
la peau blanche des bois
au bord dentelé des feuilles,
le monde se reflète
à l'envers
la peau blanche des bois
au bord dentelé des feuilles,
le monde se reflète
à l'envers
Monday, 6 August 2018
les ailes du poème
tu marches devant moi,
(les ailes du poème
inventent la mesure)
sûrement plus loin,
(sans autre cheminement)
tes yeux apprendront
la fulgurance
des syllabes
Saturday, 4 August 2018
la brume
ignorons les heures
et les portes
d'innombrables matins,
la brume nous tient
dans ses hésitations illuminées
et les portes
d'innombrables matins,
la brume nous tient
dans ses hésitations illuminées
Friday, 3 August 2018
le cœur de la rivière
je ne le sais pas
le cœur de la rivière,
sa largesse limpide
déshabillez-nous
de ce fantasme
étiré de la parole
Friday, 27 July 2018
agapé
je piétine
autour de
ce dialogue invisible
le désir est
un dieu qui fait
graviter les mots
(sans effort)
saut unique
dans le cœur
de l’autre
autour de
ce dialogue invisible
le désir est
un dieu qui fait
graviter les mots
(sans effort)
saut unique
dans le cœur
de l’autre
Thursday, 19 July 2018
Saturday, 30 June 2018
la trace du vide
j’aimerais que ton
insolence soit
toujours neuve
comme les choses
qui tombent
(sans douleur)
on les retient
dans les mots-regards
(illisibles)
dispersés
dans la trace
du vide
insolence soit
toujours neuve
comme les choses
qui tombent
(sans douleur)
on les retient
dans les mots-regards
(illisibles)
dispersés
dans la trace
du vide
Sunday, 24 June 2018
pathos
le soleil pèse
sur les herbes
hautes de l’été
ne cherche plus
la cadence délirante
sur la peau
du mouvement
sur les herbes
hautes de l’été
ne cherche plus
la cadence délirante
sur la peau
du mouvement
Saturday, 2 June 2018
méta-solitude
je suis encore là
(le cœur violon
des racines)
méta-solitude,
point vif
dans le fracas
des mots tamisés
la beauté n'a pas
de lignes propres
(le cœur violon
des racines)
méta-solitude,
point vif
dans le fracas
des mots tamisés
la beauté n'a pas
de lignes propres
Friday, 25 May 2018
le centre
le centre du poème
est un endroit
plus seul que la respiration
perceptible des vagues,
une brèche pour avouer
la douceur
exténuée des mots
est un endroit
plus seul que la respiration
perceptible des vagues,
une brèche pour avouer
la douceur
exténuée des mots
Sunday, 20 May 2018
mai
fleurs de cerisier
au mois de mai
on apprend
leur excès
sous la nappe de silence
...et je t'écris depuis
au mois de mai
on apprend
leur excès
sous la nappe de silence
...et je t'écris depuis
Sunday, 29 April 2018
la chute des fleures
j'entends la chute
des fleurs
(elles frappent
mon réveil)
leurs pétales
au souffle court
basculent dans le vent
et se posent
sur mon front
des fleurs
(elles frappent
mon réveil)
leurs pétales
au souffle court
basculent dans le vent
et se posent
sur mon front
Tuesday, 17 April 2018
tomorrow
tomorrow
my letters will get to you
on bright shades
of purple and green,
from beyond endless rows
of tamarind trees
Saturday, 14 April 2018
j'amasse des mots
j'amasse des mots
(jacinthes
impérissables,
échouées sur la ligne
du froid)
le temps d'un éclair
je te tiens
dans mes bras
(poème
privé du corps)
séduit par l'habit
droit du printemps
(jacinthes
impérissables,
échouées sur la ligne
du froid)
le temps d'un éclair
je te tiens
dans mes bras
(poème
privé du corps)
séduit par l'habit
droit du printemps
Monday, 9 April 2018
avril
poème (sans poids)
réfugié dans
ce manque d'air
avril (que nous avons
tant oublié)
démêle
le vent fleuri
d'une azalée immaculée
Monday, 2 April 2018
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